Comptes Rendus de la Journée des Préparateurs de l’ENS Lyon 2018

Vous trouverez ci-dessous les comptes rendus de la journée des préparateurs de Lyon.

Les rencontres avec les jurys de langues se sont bien déroulées. Lors de la plénière, les collègues ont unanimement réclamé le retour d'une organisation sur la journée complète.

L'Appel-Clé soutient cette initiative, d'autant plus qu'elle permettrait de renouveler avec la pratique d'une réunion rassemblant tous les linguistes avant de nous séparer en petits groupes.

Merci encore à tous les collègues qui prennent en note ces rencontres afin de diffuser l'information au plus grand nombre.

 

Comptes Rendus

Anglais

Compte Rendu de la réunion des préparateurs d’anglais avec le jury

                                     E.N.S. de Lyon, 16/11/2018

Membres du jury présents:

Sophie Lemercier-Goddard, MCF Littérature Renaissance anglaise, ENS Lyon, Vice-Présidente

concours, Responsable épreuve commune LV anglais pour Lyon, jury de littérature sur programme

Lyon.

Lise Guilhamon-Naudet MCF Versailles-Saint-Quentin, co-responsable épreuve commune Ulm

Laya Roesler, responsable traduction ENS Lyon,

Julien Nègre, MCF civilisation américaine ENS Lyon, oral presse + écrit

Nolwenn Corriou, PRAG, Université de Paris-1, jury écrit

Statistiques:

34 postes ouverts en série langues,

Admis en anglais: 2015: 14, 2016: 14; 2017: 17; 20 en 2018 ( sur 50 admissibles); promotions toujours de taille équivalente car complétées ou pas par étudiants normaliens ( pas de recrutement de normaliens sur dossier cette année car promo complète).

Sophie Lemercier-Goddard revient sur le fonctionnement de la BEL en anglais: un jury de 42 personnes corrige l’ensemble des copies ( 3400 )

Le jury se réunit deux journées pour établir le barème ( et cette pratique se maintiendra même si les copies sont dématérialisées à l’avenir).

En ce qui concerne la saisie des notes: une seule saisie finale mais la procédure est très stricte : elle s’effectue en binôme. Il y a une relecture de vérification où les rôles sont inversés puis une relecture finale après impression.

L'Appel-Clé demande si la dématérialisation permettra enfin aux candidats de connaître les deux notes de version et commentaire puisque l'argument de l'erreur de saisie lors du report ne tiendra plus.

Sophie Lemercier-Goddard répond que non car en réalité lors de la phase d'harmonisation des notes , celle-ci se fait sur la note globale. En revanche, il n'est pas exclu que peut-être le nombre de points fautes soit porté dans le fichier de commentaire qui accompagnera chaque copie.

Épreuve de version commentaire:

La moyenne est égale à 10 sur les deux exercices.

Version:

Cette année les copies autour de 300 -330 pf = 10; de 150 à 120 pf excellentes notes; > 480 pf = 5

et moins.

Le jury constate que les candidats perdent le plus de points fautes à cause du français. On nous donne les exemples suivants: 12 pf pour un barbarisme sur un passé simple, 8 pf sur fautes grammaticales (accord du participe passé notamment), à mettre en regard d'un cs à 4 pf. De nombreuses versions qui, par ailleurs , démontraient des connaissances techniques ( chassé-croisé par ex) ont présenté des fins de texte cumulant les fautes d’accord ce qui entraîne ipso facto un effondrement des notes. Le jury préconise une meilleure gestion du temps et une relecture qui prendrait uniquement en compte les accords des participes passés.

Commentaire:

La qualité générale des travaux est excellente.

La construction en 3 parties (n'est pas absolument nécessaire !), mais il ne faut pas dissocier fond et forme. Les introductions témoignent d'une bonne mise en place des éléments (accroche, contextualisation, découpage éventuel, problématique, annonce de plan) : les professeurs de prépa font un excellent travail et nos élèves maîtrisent les attendus.

Les candidats sont bien préparés et disposent d’un bon arsenal critique mais la démonstration reste trop souvent allusive: il faut, par exemple, ré-expliquer ce qu’est l’épiphanie et pourquoi on peut ici en parler, et ne pas se contenter de l'évoquer en passant. Pour les meilleurs, on attend une lecture plus critique sur la nature de cette épiphanie. Tout est dans la démonstration. Cela dit, le jury n'a pas de liste pré-établie dont il cocherait les cases. 

Les candidats doivent faire un choix , si le temps manque, éviter l’effet catalogue et proposer au moins une micro lecture.

A une question sur la difficulté relative du texte de Wharton, il est répondu qu'un texte difficile =texte discriminant.

La problématique : tout est bon à prendre, du moment que c’est correct.

Qualité linguistique des commentaires : si erreurs de grammaire n’empêchent pas la compréhension du commentaire elles ne sont pas prises en compte.

Pas d’attentes spécifiques du jury sur la mobilisation des références culturelles.

La salle demande que les consignes relatives au dictionnaire soient bien appliquées dans tous les centres d'examen.

Thème:

Emma Bell, responsable de l'épreuve, est excusée.

Difficultés syntaxiques et lexicales : variété recherchée.

Le texte de Proust a été noté de façon généreuse notamment concernant l’usage des temps et le jury a accepté toute segmentation qui évitait les ruptures syntaxiques.

A une question sur la longueur du texte, en comparaison d’autres langues, SLG répond qu’on reste dans la moyenne des textes proposés et qu’il importe de conserver une unité de propos.

Épreuves orales

Presse:

Voir rapport 2014 ou 2015 pour trouver un plan détaillé de commentaire d'article.

Privilégier la synthèse quelque soit le document (article d'opinion…) car cela permet d’éviter la

paraphrase.

L' analyse de la stratégie rhétorique utilisée est à caler dans la synthèse.

Dès la synthèse on identifie rapidement les références (acronymes, noms de personnalité…) et on les commente si nécessaire plus tard, dans le commentaire.

Il est plus judicieux de placer l'annonce de problématique et de plan entre synthèse et commentaire.

Réajustement de la note à la baisse (cf rapport) si la réponse du candidat lors de l’entretien témoigne d’une incompréhension fondamentale, malgré une présentation correcte en apparence.

Littérature:

Longueur des extraits proposés:

Poésie : poème entier ou une trentaine de vers maximum.

Extraits Shakespeare entre 60 et 80 vers au maximum.

Prose: 2 pages ou 1,5 pages.

La place de la lecture est laissée à l'appréciation du candidat ( SLG préfère la lecture pdt l’intro parce que cela donne l’occasion de se replonger dans le texte.). Le jury arrêtera le candidat quand il le jugera opportun, afin d'éviter l'écueil d'une lecture trop courte, de permettre à la voix du candidat de se raffermir, et enfin à tout le monde de se replonger dans l'oeuvre. Pour un poème, en fonction de sa longueur, cela peut être tout le poème.

Concernant Emily Dickinson, ce seront les formes plus longues qui seront privilégiées ( ils ne donneront pas de poèmes de 4 vers).

Mises en scène de Shakespeare : Il ne s’agit pas forcément de faire référence à une adaptation précise, mais de se demander à un moment ce qui peut se passer sur scène par exemple. Scander un passage, sinon la demande en sera faite lors de l’entretien)

P&P and zombies: pourquoi pas? Adaptations filmiques : oui, pour affiner un argument 

On n’attend pas que les candidats soient bien préparés au dossier critique ( Norton)

Attentes du jury par rapport à l’usage de la critique : pas un pré-requis mais quelques lectures sont encouragées.

Anne-Sophie André, Huguette Pacaud-Chaptal, Cédric Gauthier

Italien

Compte-rendu vendredi 16 novembre 2018

Séance groupe italien

Enseignants de l’ENS présents : Romain Descendre, Marie Fabre, Stéphanie Lanfranchi.

                                                    Cécile Berger (Toulouse), membre du jury est absente excusée.

6 professeurs préparateurs étaient présents.

Un très rapide retour a été fait au sujet de la conférence plénière, ouvrant la question de la nécessité d'un temps plus long pour ce partage "au sommet".

Présentation des membres du jury et des épreuves que chacun corrige ou des épreuves auxquelles chacun participe à l’oral.

  • Romain Descendre corrige la Spé thème, et il est à l’épreuve orale de Sciences Humaines. 
  • Alessandro Martini ne sera plus au jury de l’oral pour LV1 spé et LV2. Il sera remplacé par un nouveau membre dont la nomination est en cours de validation.

Compte-rendu et bilan concours 2018

  • 109 inscrits en LV1 Italien, 106 candidats ont composé. Nombre de candidats en baisse.
  • La moyenne de l’écrit est de 10,18. Les notes s’échelonnent de 0,5 à 20.
  • 21,70% des copies ont une note > 14
  • Cette année, le nombre de points-fautes va de 8 à 110
Dans un premier temps, le jury a commencé par déplorer la trop grande raréfaction des élèves présentant le concours en spécialité italien. Aucun admis en juillet 2018 dans cette discipline, pour 11 étudiants seulement présents aux épreuves de spécialité !
Un échange a eu lieu entre nous pour mettre en lumière les causes possibles d'une telle désertion, et voir comment y remédier.
Il a été répété que la formation à l'ENS ouvrait de plus en plus sur d'autres professions que le professorat, le jury insistant sur l'excellente préparation proposée à l'Ecole, aux nombreux débouchés. Les demandes pour devenir étudiants normaliens ne sont pas à négliger non plus, il y a très nettement trop peu de candidatures sur dossiers, lesquelles ne doivent pas uniquement concerner les étudiants italiens au concours; n'importe quel étudiant, ayant un bon niveau en italien, et préparant une autre spécialité, peut présenter un dossier dans le département italien. Il s'avère en effet que le cas d'étudiant voulant intégrer en spécialité italien, mais n'ayant pas pu se préparer dans cette spécialité pour une raison ou une autre, n'est pas rare, et sera pris en considération. L'intégration sur dossier peut également s'adresser à des khâgneux très bons dans leur spécialité (italien en l'occurrence) et moins bons dans les autres disciplines, ne parvenant pas à avoir le concours à cause de cela. Tous les dossiers sont étudiés avec une extrême attention.
Le statut différent entre élève normalien et étudiant normalien (dont l'existence remonte à deux ans) a par la suite été brièvement clarifié, ainsi que les attentes du jury en ce qui concerne la lettre de motivation, à joindre au dossier. Les étudiants ne sont pas liés par l’engagement décennal. Lettre de motivation avec projet de recherche
Le parcours qui suivait l'admission a été évoqué :
     1ère année en Pré-Master. 2ème année en Erasmus : Partenariat avec Bologne, Rome, Naples, Trente, Pavie, et Pise (La Normale di Pisa)
  • Bilan épreuves écrites
Une deuxième partie de la réunion a été consacrée au bilan du concours 2018, au vu des résultats. Chaque membre du jury faisait mention des fautes rencontrées, à éviter, des points forts aussi, et nous invitait à donner nos impressions.Discussion au niveau des causes : les candidats ayant suivi un cursus ESABAC ont un bon niveau. Les autres candidats, dont l’horaire hebdomadaire est inférieur en lycée, et ne faisant pas de littérature ont, en général, un niveau de langues et de connaissances inférieur. 

Ce partage fut utile et fructueux, le constat général faisant état d'un niveau en baisse dans les acquisitions de base des élèves. Viser une réussite au concours de l'ENS en deux ans semble de plus en plus problématique, surtout en ce qui concerne l'épreuve de spécialité (thème), jamais travaillée dans le secondaire. (Cette année 11 candidats ont composé en thème. La note maximale a été de 19, pour 67 points-fautes.)

En ce qui concerne les non spécialistes, l'examen des notes, dans leur totalité, prouve que celle de la langue a moins de poids, aujourd'hui, pour intégrer; c'est souvent la plus basse de toutes les notes.
Enfin, une troisième et dernière partie a été ouverte pour une série de questions - réponses plus spécifiques, concernant aussi bien l'écrit que l'oral, sans oublier celles directement liées aux auteurs du programme de spécialité.
  • Les notes s’échelonnent de 11 à 20 (tous candidats confondus)
  • Le jury déplore également le niveau linguistique de ces candidats, et conseille aux professeurs présents d’en faire part aux futurs candidats.
  • Le jury souligne l’égale « importance » de la partie « exposé » et de la partie « entretien avec le candidat et questions du jury », qui peut permettre aux candidats de rattraper un exposé que parfois certains eux-mêmes jugent « raté ».  Le jury rappelle la bienveillance avec laquelle les candidats sont accueillis et écoutés. 
Florence Cadot et Mila Di Napoli
Espagnol

Réunion des membres du jury de l’ENS Lyon et des professeurs de CPGE

Commission d’espagnol

Enseignants de l’ENS présents : Mme Isabelle BLETON, M. Carlos HEUSCH, Mme Marina MESTRE-ZARAGOZA, Mme Evelyne COUTEL.

19 professeurs de CPGE présents et aucun représentant de l’Inspection Générale. 

  1. Après les présentations, Carlos Heusch a commencé par faire le bilan du concours 2018 :

 

Il y a eu 99 candidats en espagnol ce qui est une légère baisse, mais cela ne s’est pas traduit en terme de nombre d’admissibles. Il y a eu neuf admissibles, dont sept ont été reçus et un qui était sur la liste complémentaire est arrivé en septembre. Il y a aussi un étudiant qui a été admis sur dossier, ce qui fait une promotion de neuf, qualifiée d’agréable et de sympathique. Carlos Heusch a donc fait le bilan des oraux en parlant de « carton plein ». 

Autre motif de satisfaction pour l’équipe d’enseignants de l’ENS, c’est une promotion d’hispanistes, c’est à dire que tous ont un projet dans l’hispanisme au sens large.

  1. Bilan des épreuves de l’écrit :
  • Thème :

Il y a encore cette année 20% de copies entre 0/20 et 01/20. « Ce sont des candidats qui n’ont pas grand-chose à faire dans cette discipline, ici ou à l’université. C’est un problème d’orientation. » 

Il y a 20% de copies excellentes dont les notes sont supérieures à 16/20. Pour la plupart, ces candidats-là viennent de la LV2 (lycée),  « ils ont du potentiel, on en voit qui ont eu 05/20 en première année et qui ont 13-14/20 en deuxième année, c’est une épreuve où il y a une marge de progression importante».

Le jury met en garde, en ce qui concerne les copies « moyennes », au sujet de la morphologie verbale. Les candidats doivent travailler les conjugaisons, le barbarisme verbal est très sanctionné. « On voit qu’il y a des difficultés de compréhension des formes verbales en français écrit. » Finalement, il y a une cinquantaine de problèmes de grammaire (On - si - la tournure emphatique - ser/estar etc…).

      On peut consulter avec profit le Bescherelle (français et espagnol) ou encore le site « La clé des langues », où l’on trouve des fiches pratiques sur la traduction, comme le choix entre ser et estar, entre passé composé et passé simple … et par Facebook on peut laisser un message au sujet d’une des fiches de ce site, l’équipe de l’ENS répondra. 

En conclusion, pour l’épreuve de thème, il y a des difficultés de compréhension du français écrit littéraire. 

  • Question posée au jury : comment sont sanctionnés les barbarismes lexicaux ? 

Réponse : certains mots sont banalisés. Il y a des différences de gravité entre les barbarismes lexicaux, certains sont mis dans la catégorie « gros faux-sens ». Ce qui est sanctionné particulièrement c’est le barbarisme par calque. Le calque morphologique est considéré comme une démarche pernicieuse. 

  • Question de l’association  Appel-clé: la moyenne en thème est basse par rapport à l’anglais et à l’allemand. La marge de 20 % de copies qui ont entre 0 et 01/20 n’existe pas dans les autres langues. Les étudiants sont pénalisés et démotivés dans le cadre de la BCE. Serait-il possible d’harmoniser les moyennes entre les différentes langues ?

Réponse : ces copies ont entre 700 et 900 points-faute. Si on enlève ces notes-là, on a la même moyenne qu’en allemand (la note la plus basse en thème est 04,5/20) ou en anglais. La base de correction est la même. D’autre part, le nombre de signes du thème espagnol est équivalent à celui du thème arabe, afin de compenser légèrement cette différence de niveau de note. 

  • Remarque d’un professeur dans la salle : il y a autant de reçus en allemand à l’ENS qu’en espagnol, alors qu’il y a bien plus d’élèves qui font de l’espagnol en France. 
  • Version-commentaire

Le rapport est en ligne. Le texte était tiré de l’œuvre de Benito Pérez Galdós. C’était un commentaire très littéraire. Les deux exercices différents (version et commentaire) sont le débouché du même premier exercice préalable d’analyse minutieuse et détaillée. 

Le jury déplore un manque de méthodologie : une lecture trop rapide mène à des contre-sens et à des problèmes de compréhension globale. Par ailleurs, à cause d’une mauvaise utilisation du dictionnaire unilingue, il y a également des erreurs lexicales et de compréhension. Les membres du jury se demandent si les étudiants savent bien utiliser le dictionnaire car il ne semble pas toujours leur apporter de solutions.

Le jury s’interroge également sur le niveau d’expression, car certains candidats ne savent pas écrire. Sont-ils là à cause de l’idée que l’espagnol est une langue « facile » ?

Il ne faut pas simplifier les enjeux du texte, ne pas réduire à deux parties un texte complexe et ne pas s’enfermer dans un axe et répéter les mêmes choses. Il s’agit de mieux cerner la structure du texte, regarder l’articulation, même lorsque les candidats choisissent de faire un commentaire composé. Parfois, la définition de la problématique n’est pas pertinente. 

Dans les copies de cette session, certaines remarques historico-socio-culturelles ont été riches. Peu de copies indigentes.

  • La question sur l’alternance entre auteurs espagnols et latino-américains a été posée. Le jury a répondu qu’elle existait mais ne suivait pas de règle précise.
  • L’association Appel-clé remercie le jury pour le rapport sur la version-commentaire qui s’appuie sur les meilleures copies et qui accorde une liberté méthodologique face au choix entre commentaire linéaire ou recomposé. 
  1. Les épreuves orales : 
  • Textes hors programme : presse

Carlos Heusch signale un point positif, une meilleure expression orale, après avoir, pendant des années, regretté que la qualité de l’accent ait diminué. Oui, il est important qu’un hispaniste ait un bon accent. 

Une priorité : l’appréhension de l’article, au sens « philosophique ». Il faut une lecture qui fasse émerger ce qui est polémique, important, nécessaire pour le développement. Il faut un travail de repérage.

Le jury de l’ENS juge que le niveau de connaissance  « va bien » même si l’aire  géographique concernée est vaste. Il insiste sur le manque de distance critique des candidats et une lecture trop rapide et superficielle. Le texte doit être saisi dans ses éléments les plus essentiels et dans son intégralité. Le candidat doit travailler plus vite pendant le temps de préparation, ne pas développer quelques petits points en guise de commentaire. 

Certains candidats vont consacrer 40% de leur temps de parole à la spécificité du texte, et le reste, à plaquer des fiches préparées à l’avance. Et les placages de fiches ne peuvent pas être exhaustifs. Cette année les candidats ont parlé pendant 80% de leur temps de parole environ, ce qui est mieux que lors de la session précédente, mais certains parlaient lentement pour « meubler » le temps. Le jury recommande de ne pas passer d’un extrême à l’autre : ni trop, ni trop peu, ce qui compte, c’est l’approche du texte.

Cette épreuve se travaille en amont, c’est l’actualité de l’année qui doit guider, donc il faut oublier certains pays s’il ne s’y est « rien passé d’important ». Le jury recommande aux candidats de lire la presse hispanophone tous les jours dix minutes. Les articles comportent entre 3 000 et 4 000 signes environ. Le jury évite de choisir une publication d’une agence de presse pour qu’il y ait matière à réflexion. (Est évoquée en passant  la question de l’indépendance de la presse espagnole).

  • A propos de l’épreuve en LV2 et pour expliquer peut-être cette impression du jury que les candidats « essaient de plaquer » des connaissances, un professeur de CPGE évoque la question de la méthodologie de l’oral chez les anglicistes. En anglais, on doit dire ce que l’on sait sur une question, et on ne fait aucune remarque sur le ton et le style d’un article de presse. 
  • Question sur le passage à lire. Le jury répond que les candidats procèdent à l’exercice de lecture au moment qu’ils préfèrent. En LV1 c’est le jury qui indique au candidat avant l’épreuve quel est le passage à lire (choisi parce qu’il comporte des chiffres ou bien parce que c’est un paragraphe significatif) alors qu’en LV2 c’est laissé au choix du candidat. Le jury conseille de faire la lecture au début de l’épreuve pour ne pas l’oublier.

La méthode de l’oral?

Comme l’an dernier, le jury est ouvert et attend :

- soit un résumé (succinct, c'est-à-dire 5 minutes) suivi d’un commentaire qui est un  développement (sans s’arrêter à chaque ligne mais en soulignant bien l’organisation de l’article). Suite aux questions des professeurs de CPGE, le jury reformule et parle d’une synthèse suivie d’une analyse-développement avec mise en regard historique, qui fait partie de l’analyse.

- soit un commentaire « composé » mais c’est difficile et gourmand en temps de préparation.

Si le résumé est intégré au commentaire, le candidat devra le préciser dès le début de son oral.

 

Dans l’introduction, on attend une problématique et tout ce qui sert à montrer que l’on a saisi les enjeux principaux et la structure de l’article. Les candidats ne sont pas pénalisés s’ils ne connaissent pas le journal d’où est tiré l’article. Les articles choisis ne sont pas descriptifs, ils sont peu coupés et présentent un regard original sur l’actualité. Il est demandé aux candidats de faire preuve de distance critique et de ne pas perdre de vue le texte. 

  • Explication d’un texte du programme

Le jury précise qu’il a assisté à 4 très bonnes prestations et 4 prestations médiocres. Dans l’ensemble, la problématique n’est pas judicieuse ou bien elle est trop banale. Les œuvres sont connues mais il manque un projet de lecture. Le jury conseille de lire les œuvres avant la rentrée afin de mieux se les approprier et d’éviter de « plaquer » une analyse. Le jury déplore que les candidats n’aient pas su montrer qu’ils se faisaient plaisir en tant que lecteurs, leur manque d’envie était prégnant. Ils se demandent « que faut-il dire ? » au lieu de se demander ce qu’ils ont envie de dire sur le texte.

En poésie, les rimes ont été oubliées et on a entendu trop de paraphrase, qui par ailleurs était laborieuse. Les candidats ont plaqué ce qu’ils savaient, les figures de style étaient énumérées et non rattachées à un projet de lecture.

Pour la picaresque, « ce fut laborieux ». Enfin, le texte théâtral était mieux maîtrisé mais il n’y avait pas, à proprement parler, d’analyse dramaturgique de ce qui est visuel ou sonore. 

  • Question: les textes sur El Lazarillo semblaient plus difficiles que ceux sur le théâtre. Comment expliquer la disparité de longueur entre les œuvres ? Cette question est préoccupante dans la mesure où, l’an prochain, El Buscón est au programme. 

Réponse: cette disparité était voulue, dans le but de faciliter la tâche aux candidats. Il s’agissait de travailler sur une économie plus générale du roman picaresque sans se perdre dans des détails. Ce n’est pas un exercice d’érudition. En 2017 dans le rapport du jury, une proposition de méthode d’approche d’explication de texte et de structuration a été proposée. 

La méthode est importante, il faut rechercher une problématique cohérente pour ensuite construire quelque chose de personnel. Le jury rappelle que c’est une épreuve avec des contraintes méthodologiques mais que les candidats doivent « laisser sortir la flamme ». 

En ce qui concerne le programme de 2019, le jury fait remarquer qu’il s’agit d’une suite logique par rapport à l’année 2018. Les œuvres proposées sont des classiques, emblématiques d’une période, d’un genre tout en essayant de faire en sorte qu’elles ne soient pas trop lourdes. Bien faire la différence entre le Borges poète (et ses spécificités) et le Borges cuentista (érudition et importance de la culture classique). Le théâtre de Miguel Mihura est comparable à celui d’Antonio Buero Vallejo (théâtre d’avant-garde, humour de l’absurde). 

  1. Formation et parcours ENS Lyon

Enfin, Carlos Heusch rappelle les différentes voies d’admission à l’ENS de Lyon :

  • Admission sur concours, statut  de normalien élève. Niveau L3/pré-master.
  • Création de la plateforme Cadence qui permet à un étudiant de déposer un dossier pour être étudiant normalien. Il faut pour cela avoir validé 180 ECTS. Niveau L3/pré-master. A l’heure actuelle, deux étudiants sont dans ce cas. Ils suivent la moitié des cours à Lyon 2 et l’autre moitié à l’ENS, grâce à une convention. 
  • Statut d’auditeur (pour 1 an) de M1, M2 (nouvelle candidature) ou Master FEADéP pour préparer l’agrégation en M2.

Le pré-master permet aux étudiants de partir à l’étranger avant le M1 (puis agrégation, puis M2 et enfin thèse). 

Il existe des passerelles dans le cursus actuel. Par exemple entre la philosophie et l’espagnol : on peut obtenir un diplôme d’espagnol de l’ENS avec une mineure en philosophie si 30 crédits ont été validés. 

Sandrine Artigue et Isabelle Lillo